Жак-Ален Миллер , курс 1981-1982 гг
Скандирования в учении Лакана // Диалектика желания и фиксированность фантазма
8 сеанс, 27 января 1982

Жак-Ален Миллер , курс 1981-1982 гг
Скандирования в учении Лакана // Диалектика желания и фиксированность фантазма
8 сеанс, 27 января 1982
J'ai mis en valeur, depuis le début de ce cours, un certain nombre d'oppositions structurantes de l'enseignement de Lacan, et dernièrement l'opposition de l'Autre et de la jouissance – opposition qui se répercute et se décale dans l'opposition du fantasme et de la pulsion, qui à son tour en implique une autre, celle du désir et du fantasme.

В начале этого курса я выделил несколько структурирующих оппозиций учения Лакана, и недавно – оппозицию Другого и наслаждения – оппозицию, которая отражается и преломляется в оппозиции фантазма и влечения, которая, в свою очередь, подразумевает другую – желания и фантазма.

S'agissant de l'opposition du fantasme et de la pulsion, j'ai marqué les déplacements théoriques qu'implique le virage opéré par Lacan entre la définition imaginaire de l'objet a et son statut de jouissance. Ca fait évidemment basculer tout à fait notre définition et notre conception du fantasme. C'est immédiatement sensible dans le déplacement de l'opposition et de l'articulation du désir et du fantasme. Lorsque l'objet a est défini comme imaginaire dans le fantasme, ce dernier apparaît comme régulateur du désir. Lorsque c'est la fonction de la jouissance qui est mise en évidence dans l'objet a, ce dernier vient alors en deçà du vecteur du désir:

Что касается оппозиции фантазма и влечения, я отметил теоретические сдвиги, подразумевающие поворот, осуществленный Лаканом между определением объекта a как воображаемого и его статусом наслаждения. Очевидно, это полностью меняет наше определение и нашу концепцию фантазма. Это сразу заметно по смещению оппозиции и сочленения желания и фантазма. Когда объект a определяется в фантазме как воображаемый, то он выступает как регулятор желания. Когда в объекте a выделяется функция наслаждения, то он оказывается под вектором желания:

d --------- > $ <> a

a ---------> a ----> $


Qu'est-ce qui motive ce déplacement d'un au-delà à un en deçà ? Qu'est-ce qui le facilite, le permet dans la théorie même? C'est ce que je voudrais essayer d'aborder aujourd'hui, en articulant l'opposition du désir et de la jouissance par rapport au terme que Lacan appelle grand Phi, et dont vous trouvez la définition tantôt comme signifiant du désir et tantôt comme signifiant de la jouissance. Je prendrai comme point de repère le texte de Lacan qui s'intitule "La signification du phallus".

Что мотивирует этот сдвиг от по ту сторону (au-delà) к по эту сторону (en-deçà)? Что упрощает это, допускает это в самой теории? Это то, что я хотел бы попытаться решить сегодня, артикулировав оппозицию желания и наслаждения по отношению к термину, который Лакан называет большим Фи, и определение которого вы иногда находите как означающее желания, а иногда как означающее наслаждения. Я возьму за отправную точку текст Лакана под названием «Значение фаллоса».

Je propose, pour fixer les idées, que nous prenions un syntagme de Lacan qui a toute son importance, puisque nous le retrouvons aussi bien en 1958 qu'en 1970, et qui est celui de passion du signifiant. Je le trouve d'abord page 688 d'es Ecrits, où Lacan, dans ce passage, pose que Freud a anticipé Saussure, a anticipé l'articulation du signifiant et du signifié dans la Traumdeutung: "Inversement, c'est la découverte de Freud qui donne à l'opposition du signifiant et du signifié la portée effective où il convient de l'entendre: à savoir que le signifiant a fonction active dans la détermination des effets où le signifiable apparaît comme subissant sa marque, en devenant par cette passion le signifié." C'est au paragraphe suivant que nous trouvons la passion du signifiant. C'est là une expression que je vous demande d'encadrer.

Qu'est-ce que Lacan commente dans ce passage? Il commente le mathème élémentaire qui figure dans "L'instance de la lettre": S/s, qui est à lire comme la détermination active du signifiant, par rapport à quoi le signifié se donne comme un effet. Prenons les trois termes que Lacan nous propose: signifiant, signifié, signifiable. Le dernier est un terme problématique. Ce signifiable est d'abord présenté comme ce qui peut être signifié. Mais le signifiable ne devient signifié que par la marque du signifiant. Cette marque trouve ici un terme que nous avons relevé comme étant celui de la passion. Le signifié apparaît comme passion du signifiant. Il le subit, il en pâtit, et il traîne avec lui la marque de cette origine.

Remarquez tout de suite que c'est exactement à cette place-là que s'inscrira ensuite l'écriture du sujet comme $. Le sujet est lui-même l'effet du signifiant. Lacan ne va jamais y renoncer. Le sujet barré, c'est la passion du signifiant. Prenons le paragraphe suivant: "Cette passion du signifiant devient une dimension nouvelle de la condition humaine en tant que ce n'est pas seulement l'homme qui parle, mais que dans l'homme et par l'homme ça parle, que sa nature devient tissée par des effets où se retrouve la structure du langage dont il devient la matière, et que par là résonne en lui, au-delà de tout ce qu'a pu concevoir la psychologie des idées, la relation de la parole." C'est exactement, à un poil près, la définition du sujet barré.

Cette passion du signifiant, nous la retrouvons à la page 629 des Ecrits. C'est dans un texte qui est avant "La signification du phallus" mais qui dans la chronologie vient après. Il s'agit là du désir et nous avons: "moins passion pure du signifié que pure action du signifiant". Là encore, nous avons la passion du signifié et l'action du signifiant. Et cette expression se retrouve encore dans "Radiophonie" qui est un texte de 1964: "Au phallus se résume le point de mythe où le sexuel se fait passion du signifiant." Nous voyons donc se répéter ce syntagme de Lacan, et nous prenons au sérieux le fait que ça se répète ainsi.

Entreprenons maintenant de faire valoir cette passion du signifiant. Ce qui dans "La signification du phallus" apparaît comme corrélatif de cette passion du signifiant, c'est le phallus, et ce dans une position qui est double, qui forme presque une antinomie, et dont on peut dire qu'elle est constitutive du concept du phallus tel qu'il apparaît dans ce texte. D'un côté le phallus apparaît comme étant par excellence passion du signifiant. Le signifié, et même le signifiable, est marqué du signifiant phallus, et cette passion s'appelle la castration. De l'autre côté le phallus apparaît comme l'action même du signifiant. C'est cette antinomie qui fait le caractère paradoxal et distingué du phallus.

Comment s'inscrit cette position distincte du phallus? Disons que c'est là que s'incarne le mieux et par excellence la passion du signifiant. La castration freudienne selon Lacan, c'est la passion du signifiant. C'est ce qui apparaît dès la page 692.

Voici exactement la construction qui fait du phallus le signifiant privilégié de la passion du signifiant, et ce d'une façon double. Premièrement, le phallus est pris comme le signifié qui pâtit du signifiant. Deuxièmement, il est pris comme signifiant qui agit sur tout ce qui est de l'ordre du signifiant. Qu'est-ce que met en valeur cette construction de Lacan ? Que le phallus n'est pas de l'ordre imaginaire et pas non plus de l'ordre du réel. Le phallus n'est pas un organe mais il est relatif à l'opération signifiante proprement dite, étant entendu que sa forme même et sa fonction organique seraient comme à le préparer à sa fonction symbolique.

Je voudrais, d'une façon raccourcie, rapprocher deux passages de Lacan qui marquent cette équivoque du phallus.

Premièrement, le phallus dont il s'agit, c'est, conformément à la construction freudienne, le phallus disparu. Il y a Aufhebung mais elle est inaugurée par la disparation de ce phallus. Si le phallus est signifiant, il paye par excellence le prix de son devenir signifiant, à savoir sa propre annulation. C'est là la fonction de la castration, la fonction que Lacan écrira moins phi. Le phallus est le premier terme à subir la passion du signifiant. C'est cela qu'oblitère l'emploi répété du phallus comme signifiant. N'oublions pas que ce que comporte le phallus signifiant, c'est d'abord sa propre disparition, disparition qu'écrit la castration.

Venons-en maintenant à l'autre versant du phallus. Lacan l'évoque comme devenant "la barre qui par la main du démon de la pudeur frappe le signifié, le marquant comme la progéniture bâtarde de sa concaténation signifiante".Nous avons là un second phallus qui est en question. Ce second phallus est pris dans la continuite d'une pseudo dialectique hégélienne, mais je tranche en disant qu'il y a d'abord le premier phallus qui est passion du signifiant, et qu'il y a ensuite le second phallus qui n'est pas du tout passion du signifiant mais au contraire action du signifiant. C'est celui qui s'identifie à la barre elle- même. En un premier sens, le phallus est ce qui subit la marque du signifiant, et en un second sens, il est la marque elle-même du signifiant. Il est comme s'identifier au signifiant même. C'est ce qui justifie d'écrire ce second phallus, celui de l'action, avec le grand Phi, qui est à s'opposer au moins phi de la castration. Nous avons deux fonctions du phallus tout à fait distinctes. Là, passion du signifiant, et ici action du signifiant. C'est un terme double.

Ce clivage, cette distinction, je vous demande de les mettre un peu de côté, pour que nous puissions maintenant prendre ce qui est à la page 688 et 692. En effet, c'est seulement en rapprochant ces deux éléments que nous tomberons sur le début de l'articulation du désir et de la jouissance dans ce que Lacan appelle encore ici la relation sexuelle, et où il nous faut bien sûr reconnaître les prodromes du non-rapport sexuel.

La déduction du désir, elle se trouve également dans "La direction de la cure", et c'est celle qui conduit à déduire le désir de la passion du signifiant. La passion du signifiant chez Lacan a encore un autre synonyme qui est la demande. A cet égard, la demande est active, alors que le désir apparaît, lui, comme un effet du signifiant. Il y a chez Lacan une déduction du désir à partir de la fonction du langage, et ce désir est présentifié dans la condition humaine par la demande.

Логическое выведение желания также можно найти в «Направлении лечения», и именно оно приводит к логическому выведению желания из страсти означающего. К страсти означающего у Лакана есть еще один синоним – требование. В этом отношении требование активно, а само желание проявляется как эффект означающего. У Лакана логическое выведение желания вытекает из функции языка, и это желание присутствует в условиях человеческого существования через требование.

Cette déduction exige que l'on parle du pur sujet du besoin, sauf que dès lors que nous avons des besoins qui s'adressent à l'Autre, qui sont verbalisés, ces besoins sont déviés, gauchis. Nous avons là une thèse tout à fait précise de Lacan: la mise en forme des besoins dans la demande de l'Autre dévie et aliène ces besoins. C'est la première thèse de la genèse du désir chez Lacan.

La deuxième thèse, c'est que cette déviation comporte une perte. Le pivot de la déduction du désir chez Lacan est le concept de demande, et qu'est-ce que comporte la demande ? Du fait qu'elle dépend de l'Autre, la demande annule la particularité des besoins. La demande opère l'annulation signifiante. Toute demande annule ce particulier pour devenir demande d'amour, demande de l'amour de l'Autre. A cet égard, il y a chez Lacan deux demandes: la demande pure étayée sur le besoin et la demande d'amour. Mettons un a pour qualifier la demande d'amour, et un petit b pour qualifier la pure demande:


Второй тезис – отклонение (déviation) влечет за собой потерю. В основе логического выведения желания у Лакана лежит концепция требования, а что влечет за собой требование? Поскольку оно зависит от Другого, требование нивелирует специфичность потребностей. Требование управляет упразднением означающего. Любое требование упраздняет это, превращаясь в требование любви, требование любви Другого. В этом отношении у Лакана есть два требования: чистое требование, поддерживаемое потребностью, и требование любви. Давайте обозначим требование любви через a и чистое требование – строчной b:

a
demande d'amour
b pure demande étayée sur le besoin

a требование любви
b чистое требование, поддерживаемое потребностью


Qu'il y ait deux demandes, c'est la condition pour comprendre ce passage fort embrouillé de la page 629: "Le désir se produit dans l'au-delà de la demande, de ce qu'en articulant la vie du sujet à ses conditions, elle y émonde le besoin, mais aussi il se se creuse dans son en-deçà." Qu'est-ce que veut dire que le désir se produise dans l'au-delà de la demande et qu'en même temps il se creuse dans son en-deçà? On peut se le représenter avec un cercle. Le désir se produit dans l'au-delà de la demande en tant que Db, et dans l'en deçà de la demande en tant que Da. Nous avons:

Наличие двух требований является условием для понимания этого очень запутанного отрывка на странице 629: «Желание проявляет себя и по эту сторону требования, в том, что соединяет жизнь субъекта с условиями этого желания, очищая таким образом требование от потребности, а также оно возникает и по ту его сторону». Что означает то, что желание возникает по ту сторону требования, но в то же самое время возникает и по эту его сторону? Мы можем представить это в виде круга. Желание возникает по ту сторону требования как Db и по эту сторону требования как Da. Мы имеем:

Da

---------> D

Db


Ce Db, c'est ce que Lacan écrit comme la demande qui articule la vie du sujet à ses conditions et qui émonde le besoin, qui annule la particularité du besoin dans le don d'amour. C'est strictement ce que vous trouvez dans le Graphe de "Subversion du sujet", où vous avez le vecteur du désir et les deux postes qui peuvent se lire comme la demande primordiale et la demande en tant qu'elle culmine dans la demande d'amour. Il n'est pas indifférent que Lacan inscrive la pulsion en haut et à droite de son Graphe, parce que la pulsion, au sens analytique, est strictement dépendante de la demande: le D de la demande figure dans la formule de la pulsion.

Il faut bien voir que la demande est anoblie d'être demande de rien. C'est proprement la demande qui introduit cette négativité que l'on croit être celle du désir. La demande en tant que demande d'amour, en tant qau'elle annule ce qui est donné, le détail de ce qui est donné, et qu'elle se suffit du don de pure présence, introduit le rien. C'est la même chose que de dire que le signifiant introduit la négativité, puisque c'est justement sous les espèces de la demande que le signifiant figure dans cette affaire.

Par contre, ce que Lacan met en valeur, c'est que le désir, lui, est coordonné essentiellement à quelque chose. C'est dans le désir que se retrouvce la particularité effacée au niveau du besoin. Il y a une nécessité à ce que la particularité ainsi abolie au niveau du besoin réapparaisse au-delà de la demande. Elle y reparaît mais en conservant la structure que recèle l'inconditionné de la demande d'amour.

Le résultat, c'est quoi? C'est l'absolu du désir, qui est un absolu strictement particulier. Est-ce que le désir est coordonné à quelque chose de particulier ? Nous sommes là au bord de la théorie de l'objet a comme cause du désir. On voit bien là la difficulté de Lacan. C'est en effet à cette époque qu'il pose le désir comme métonymie, comme dissolution du sujet, comme étant justement indifférent par rapport aux signifiants associés dans la chaîne. Il y a donc un paradoxe à en même temps coordonner ce désir à un particulier.

La première fois qu'apparaît l'expression de cause du désir dans les Ecrits, c'est exactement à la page 691. Elle vient là comme une nécessité. Vous savez que cette expression, Lacan finira par la faire supporter par l'objet a. Or c'est précisément dans ce passage qu'est située la nécessité pour le sujet et l'Autre de figurer comme causes du désir. A cet égard, la formule devant laquelle recule "La signification du phallus", pourrait être que le phallus est la cause du désir. Il y a une nécessité intrinsèque à faire du phallus le particulier auquel le sujet est attaché, à faire du phallus ce qui incarne la condition absolue du désir. Je dirais que dans ce texte de "La signification du phallus", le statut du phallus hésite. Lacan hésite entre la position de signifiant du désir et la cause du désir. C'est, à la lecture, une équivoque tout à fait sensible, si on la conçoit sur le fond des développements ultérieurs. Il est symptomatique que Lacan évoque là la fonction phallique dans l'inscription de la relation sexuelle dans le champ clos du désir. Il introduit le phallus à cette place sans tirer les conséquences qui sont vraiment à sa portée, à savoir que la fonction déterminante du phallus dans le rapport sexuel fait précisément obstacle à l'inscription du rapport sexuel.

Ce qui est encore frappant, c'est ce que nous trouvons dans une notation de la page 690. Outre la mention que le phallus n'est ni un objet, ni un fantasme, ni un organe, nous pouvons lire que "ce n'est pas sans raison que Freud en a pris la référence au simulacre qu'il était pour les Anciens." Vous savez que Freud a pris pour référence le phallus érigé que l'on trouve en haut du bordel de Pompéi. Il est frappant que Lacan n'exploite pas du tout ce terme de simulacre qui va pourtant par la suite donner la fonction du phallus comme semblant. Le point d'appel de cette théorie est déjà, là, que le phallus dont il s'agit dans l'expérience analytique est un semblant.

Je crois qu'à ce texte nous devons juxtaposer un autre qui est "Radiophonie". C'est autre texte dit la même chose mais avec le virage que comporte le fait de dégager la fonction de la jouissance. Dans "Radiophonie", nous retrouvons la passion du signifiant à la même place. Dans "La signification du phallus", nous avons la construction du champ clos du désir, puis, dans un second temps, la relation sexuelle qui est amenée, et c'est alors qu'est introduite la fonction phallique. Il en va de même dans "Radiophonie", si on prend au sérieux la phrase que je vous ai déjà citée: "Au phallus se résume le point de mythe où le sexuel se fait passion du signifiant. "Dans "La signification du phallus", il s'agit aussi bien de ça: l'inscription du sexuel dans le champ clos du désir se résume au phallus. Il n'y a, chez l'homme et chez la femme, rien de plus que le phallus qui s'nscrive dans le champ clos du désir. Au contraire de l'extraordinaire amplitude qu'elle peut avoir dans la réalité, la pauvreté essentielle de la relation entre l'homme et la femme apparaît dans l'expérience analytique avec ce caractère de résumé qu'est le phallus. A cet égard, disons que la passion du signifiant est la soumission du sexuel à l'ordre du langage.

Я считаю, что с этим текстом мы должны сопоставить другой – «Радиофония». Это еще один текст, в котором говорится то же самое, но с новым поворотом (virage), который включает факт высвобождения функции наслаждения. В «Радиофонии» мы находим страсть означающего там же. В «Значении фаллоса» мы видим построение замкнутого поля желания, затем, на втором этапе, возникает сексуальное отношение, и именно тогда вводится фаллическая функция. То же самое и в «Радиофонии», если серьезно отнестись к фразе, которую я уже цитировал вам: «В фаллосе резюмируется точка мифа, где сексуальное становится страстью означающего». В «Значении фаллоса» тоже об этом: вписывание сексуального в замкнутое поле желания суммируется в фаллосе. В мужчине и в женщине нет ничего, кроме фаллоса, вписанного в замкнутое поле желания. В отличие от экстраординарной амплитуды, которую он может иметь в реальности, существенная скудность (pauvreté) отношения между мужчиной и женщиной проявляется в аналитическом опыте с тем характером обобщения, которым является фаллос. В связи с этим, скажем, что страсть означающего – это подчинение сексуального порядку языка.

Nous pourrions nous en tenir là, si nous n'avions la reprise par Lacan du concept de métonymie non plus à partir du désir, mais à partir de la jouissance. Nous avons pendant des années fait valoir le désir comme métonymie, alors que "Radiophonie" fait valoir que ce qui est en jeu dans la métonymie, c'est la jouissance. Je dirais que ce texte, qui n'est pas le dernier mot de la théorie de Lacan, est pourtant un passage tout à fait obligé pour atteindre la suite de son enseignement. Il formule que le métabolisme de la jouissance n'est rien d'autre que la métonymie du désir. Ce que résume cette formule, c'est tout le paradoxe que nous avons à situer.

Мы могли бы остановиться на этом, если бы у нас не было подхода Лакана к понятию метонимии уже исходя не из желания, а из наслаждения. В течение многих лет мы утверждали, что желание – это метонимия, в то время как в «Радиофонии» он утверждает, что на карту поставлено наслаждение. Я бы сказал, что этот текст, который не является последним писком в теории Лакана, тем не менее, является абсолютно необходимым переходом для того, чтобы постичь остальную части его учения. Он формулирует, что метаболизм наслаждения есть не что иное, как метонимия желания. Эта формула резюмирует весь парадокс, который мы должны определить.

Reprenons cette fameuse expression de passion du signifiant. Nous avons une phrase de Lacan qui est la suivante: "Sous ce qui s'inscrit glisse la passion du signifiant [c'est-à-dire] la jouissance de l'Autre." Ce que dit cette phrase est pour nous un paradoxe par rapport à l'enseignement antérieur de Lacan. Ce que nous avions appris de la passion du signifiant, c'est qu'elle glisse sous ce qui s'inscrit dans la chaîne signifiante. Mais qu'est-ce que nous appelions jusqu'à présent la passion du signifiant ? Nous pouvions dire que la passion du signifiant c'est la castration, c'est moins-phi. Nous pouvions admettre que la passion du signifiant, c'est aussi bien le signifié comme effet du signifiant, que c'est le désir en tant qu'il est soumis au glissement indéfini des signifiants. On voit que toute cette construction de Lacan autour de la passion du signifiant ne permet que de mettre des termes négativés. Vous saisissez alors le paradoxe qu'il y a à dire que cette passion du signifiant sous ce qui s'inscrit est la jouissance de l'Autre. A un certain moment, Lacan cesse de mettre l''accent sur le caractère dissolutif du signifiant de façon univoque, et réintroduit foncièrement une positivité dans son articulation. Là où toutes ses constructions étaient faites de négativités articulées les unes aux autres, il réintroduit une positivité qui est la jouissance de l'Autre. C'est vraiment là une novation.

Вернемся к этому знаменитому выражению страсть означающего. У нас есть фраза Лакана, которая гласит: «Под тем, что пишется, скользит страсть означающего [то есть] наслаждение Другого». То, что говорится в этом предложении, является для нас парадоксом по сравнению с предыдущим учением Лакана. Мы узнали о страсти означающего, что она ускользает от того, что пишется в цепочке означающих. Но что мы до сих пор называли страстью означающего? Можно сказать, что страсть означающего – это кастрация, минус фи. Мы могли бы допустить, что страсть означающего является одновременно и означаемым как эффектом означающего, и желанием, поскольку оно подвержено неопределенному скольжению означающих. Мы видим, что вся эта конструкция Лакана вокруг страсти означающего позволяет нам использовать только отрицательные термины (termes négativés). Затем вы понимаете парадокс, заключающийся в том, что эта страсть означающего под тем, что пишется, является наслаждением Другого. В какой-то момент Лакан перестает однозначно подчеркивать растворяющийся характер означающего и принципиально вновь вводит позитивность в его артикуляцию. Там, где все его конструкции были построены из сочлененных друг с другом отрицаний, он вновь вводит позитивность, которая является наслаждением Другого. Это действительно новшество.

Il en donne heureusement un exemple. C'est un exemple qui vient exactement pour faire comprendre l'expression de cause du désir, expression qui figure déjà dans "La signification du phallus", mais qui est restée longtemps en attente dans cet enseignement. Disons que c'est au niveau de ce que Lacan appelle cause du désir, que toute la positivité dont est capable la condition humaine dans l'expérience analytique se trouve concentrée. C'est au niveau de l'objet du désir que toutes les négativités peuvent trouver leur place. La positivité, elle, se situe dans l'en-deçà du désir. Nous pouvons dire cela en nous recommandant des passages de Lacan sur l'au-delà et l'en-deçà de la demande.

К счастью, он приводит пример. Он приводит этот пример именно для того, чтобы понять выражение причина желания, выражение, которое уже фигурирует в «Значении фаллоса», но которое долгое время оставалось в этом учении. Скажем так, именно в том, что Лакан называет причиной желания, сосредоточена вся позитивность, присущая условиям человеческого существования, обнаруживающим себя в аналитическом опыте в концентрированном виде. Именно на уровне объекта желания все негативности могут найти свое место. Позитивность располагается по эту сторону желания. Мы можем сказать это, рекомендуя отрывки Лакана по ту сторону и по эту сторону требования.

Voilà le passage de "Radiophonie" où Lacan nous donne peut-être le moyen d'approcher la difficulté: "J'ai montré en son temps que l'huître à gober qui s'évoque de l'oreille que Bel-Ami s'exerce à charmer, livre le secret de sa jouissance de maquereau. Sous la métonymie qui fait muqueuse de cette conque, plus personne de son côté pour payer l'écot que l'hystérique exige, à savoir qu'il soit la cause de son désir à elle par cette jouissance même."

C'est extrêmement éclairant. Vous connaissez peut-être Bel-Ami. C'est un roman de Maupassant, un roman qu'il faut lire. C'est un roman très symbolique de la société française, puisque ça décrit un homme qui réussit par les femmes. Ce roman est l'histoire d'une ascension sociale par les femmes. Ce type d'ascension a la réputation d'être le plus sûr. Qu'est-ce que Stendhal raconte d'autre avec Julien Sorel? Julien Sorel a aussi, d'une certaine façon, un côté Bel-Ami. Seulement, avec Maupassant, on est un peu loin du romantisme. C'est un roman qui est écrit sans fioritures. Si on le résume, on ne voit qu'un personnage qui saute de femme en femme jusqu'à réussir.

Это чрезвычайно ясно. Возможно вам знаком Милый друг (Bel-Ami). Это роман Мопассана, роман, который стоило бы читать. Роман этот очень символичен для французского общества, поскольку в нем описывается мужчина, добившийся успеха благодаря женщинам. Этот роман – история социального подъема женщин. Этот тип подъема имеет репутацию самого безопасного. Что еще говорит Стендаль через Жюльена Сореля? Жюльен Сорель также находится, в некотором смысле, на стороне Милого друга. Однако с Мопассаном мы немного далеки от романтизма. Роман, написанный без излишеств. Резюмируя, мы увидим персонажа, который скачет от женщины к женщине, пока не добьется успеха.

Ce que Lacan est allé cueillir dans ce roman, ce n'est rien de plus qu'un petit paragraphe. Il y a un déjeuner où un couple, une femme et Bel-Ami sont présents. Ce dernier vise évidemment la femme du mari. Vous avez alors ce passage: "Les huîtres d'Ostende furent apportées, mignonnes et grasses, semblables à de petites oreilles enfermées en des cçoquilles et fondant entre le palais et la langue ainsi que des bonbons salés." Ce que Lacan isole, ce sont les huîtres d'Ostende, mignonnes et grasses, semblables à de petites oreilles enfermées dans des coquilles. Ce qui l'intéresse, c'est la comparaison "semblables à de petites oreilles". Il fait de cette comparaison la clef de toute la relation de séduction. Il attribue cette comparaison à Bel-Ami lui-même et il en fait exactement non pas une métaphore, mais une métonymie. Il y a la conque de l'huître enfermant, comme une petite perle, la petite oreille délicate qu'il s'agit de charmer. Admettons que ce soit une métonymie. En tout cas, ce n'est certainement pas une métaphore. C'est une métonymie au moins par la forme commune de l'oreille et de l'huître qui est là impliquée.

Лакан обратился к этому роману лишь за небольшим параграфом – описанием обеда, на котором присутствует пара: женщина и Милый друг. Последний явно нацелен на замужнюю женщину. Затем у вас есть такой отрывок: «Подали остендские устрицы, крошечные и жирные, похожие на маленькие уши, заключенные в раковины, – они таяли между нёбом и языком, точно соленые конфетки». Лакан выделяет остендские устрицы, крошечные и жирные, похожие на маленькие уши, заключенные в раковины. Точнее, его интересует сравнение «похожие на маленькие уши». Он делает это сравнение ключом ко всем отношениям соблазнения. Он приписывает это сравнение самому Милому другу и делает его не метафорой, а метонимией. Есть раковина устрицы, заключающая в себе словно маленькую жемчужину, нежное маленькое ухо, которое нужно очаровать. Допустим, это метонимия. В любом случае, это, конечно, не метафора. По крайней мере, по общей форме уха и устрицы, которая там подразумевается – это метонимия.

Voyons comment Lacan situe cette métonymie. Il nous dit que l'usage de cette métonymie signale la jouissance propre de Bel-Ami, jouissance qui est de faire, de cette oreille de la femme, l'agalma précieuse à la recherche de quoi il est. Lacan voit dans cette métonymie le signe de la jouissance propre de Bel-Ami qui le rend susceptible d'être la cause du désir de la femme. C'est la jouissance de Bel-Ami, comme en témoigne la ravissante métonymie qu'il produit, qui va être susceptible d'être cause du désir pour la femme dont il s'agit. Nous avons alors la résolution de la phrase de Lacan que je citais: "Sous ce qui s'inscrit glisse la passion du signifiant [c'est-à-dire] la jouissance de l'Autre."

Давайте посмотрим, как Лакан находит эту метонимию. Он говорит, что использование метонимии сигнализирует о собственном наслаждении Милого друга, наслаждении, которое делает из женского уха драгоценную агальму в поисках того, чем она является. Лакан видит в этой метонимии признак собственного наслаждения Милого друга, что делает его вероятным причиной желания женщины. Это наслаждение Милого друга, о чем свидетельствует прекрасная метонимия, которую он производит, что, вероятно, является причиной желания женщины, о которой идет речь. Затем у нас есть разрешение предложения Лакана, которое я цитировал: «Под надписью скрывается страсть означающего [то есть] наслаждения Другого».

Cette métonymie apparaît au fond comme doublement référée. D'un côté, elle peut être référée au désir de la personne à charmer, au désir de cette femme. Et d'un autre côté, elle est référable à ce qui n'est pas désir mais jouissance. C'est une lecture tout à fait contraire à celle que Lacan aurait pu faire avant. Pensez à la belle bouchère, à ce fameux rêve d'hystérique. Là aussi la jouissance s'incarne dans un produit de la mer, à savoir le saumon. Pour la belle bouchère, ça se passe entre le saumon et le caviar, et ici ça se passe entre l'huître et l'oreille.

Эта метонимия появляется как двойная референция. С одной стороны, её можно отнести к желанию человека быть очарованным, к желанию этой женщины. А с другой, она имеет отношение не к желанию, а к наслаждению. Прочтение, которое мы здесь видим, совершенно противоположно тому, что Лакан мог бы сделать раньше. Вспомните о прекрасной жене мясника, этот знаменитый сон истерички. И здесь наслаждение воплощено в морепродуктах, а именно в лососе. Только для прекрасной жены мясника оно пролегает между лососем и икрой, а здесь – между устрицей и ухом.

Tout ceci n'est évidemment pas une démonstration. J'essaye simplement de saisir ce que Lacan a voulu signaler. La jouissance de l'Autre qu'est Bel-Ami opère comme cause du désir pour l'hystérique. La métonymie peut être référée au désir de l'hystérique d'être une petite chose précieuse. Qu'est-ce que l'expérience analytique fait miroiter pour l'hystérique, sinon cela: d'être une petite chose précieuse, une petite perle. A cet égard, un commentaire de la métonymie est possible sur le versant du désir de l'hystérique. Mais dans cette histoire, qui met l'accent non plus sur le désir de l'hystérique mais sur ce qui fait la cause de jouissance, se résume toute la seconde bascule de l'enseignement de Lacan.

Все это, очевидно, не демонстрация. Скорее попытка уловить то, на что хотел обратить внимание Лакан. Наслаждение Другого, которое Милый друг использует как причину желания для истерички. Метонимию можно назвать желанием истерички стать маленькой драгоценностью. Что делает аналитический опыт для истерички сияющим/мерцающим, если не это: быть маленькой драгоценностью, маленькой жемчужиной. В связи с этим, комментарий к метонимии возможен на стороне желания истерички. Но этой историей, в которой акцент ставится не на желании истерички, а на причине её наслаждения, резюмируется весь второй виток учения Лакана.


C'est bien aussi la question que pose le maniement de la position de l'analyste dans l'expérience analytique, à savoir se faire cause du désir et, pour se faire cause du désir, témoigner de sa jouissance. Comme disait Lacan, il ne faut pas que l'analyste s'y laisse prendre. Structuralement, l'analysant est persuadé que l'analyste jouit. C'est aussi bien la valeur du paiement de la séance que d'effacer, au moment où doit s'achever l'illusion qu'est toute séance analytique, ce qui n'a été qu'une apparence, au fond structurale, du plus-de-jouir.

Это также вопрос обращения с позицией аналитика в аналитическом опыте, знания как сделать себя причиной желания и, чтобы сделать себя причиной желания, свидетельствовать о своем наслаждении. Как сказал Лакан, аналитик не должен увлекаться этим. Структурно анализант убежден, что аналитик наслаждается. В тот момент, когда иллюзия, представляющая собой любой аналитический сеанс, должна закончиться, это также ценность оплаты сеанса как стирания того, что было лишь, по сути, структурным проявлением прибавочного наслаждения.

A la semaine prochaine.

Увидимся на следующей неделе.


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